Sylvain Lagarde

Voir comment le brouillard d’un jour lumineux a été l’occasion de redécouvrir l’urbain d’un regard nouveau et mis à distance par le voile blanc…

En effet, la ville devient ici évanescence, ne s’imposant plus par la violence de la dureté de ses formes ; les matières, les lignes, les éléments qui constituent l’urbain se voient mangés par le brouillard qui les inscrit dans une épure inattendue, et leur confère une force esthétique qu’on ne retrouve pas au quotidien. Par ailleurs, l’absence de présence humaine (à une heure où l’individu fait figure d’abonné absent) assure à l’image une pureté de la forme. La ville dans la blancheur et la lumière (re)devient belle et tranquille… et irradie à travers quelques symboles comme les lampadaires, trottoir et autre fragments architecturaux.

Toutefois, il me semble que cette esthétisation incongrue de la ville ne fait pas oublier complètement l’espèce de froideur qui peut la définir : l’accumulation des visions d’une ville privée des ses habitants renvoie inévitablement à ce sentiment de solitude et peut créer une angoisse ambiguë par son mélange avec le plaisir à redécouvrir une autre ville